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OPINIONS: 

L'âge de la fibre optique: la fin de la classe asymétrique... 

Depuis quelques temps, la presse fait état d'une stagnation des progrès de l'école française, des mauvais résultats de l'école allemande ou des avancées fulgurantes de l'école coréenne du sud... On en cherche les causes, on avance des hypothèses... On s'intéresse beaucoup aux méthodes pédagogiques, peu aux conditions réelles de leur application... Et c'est bien là que réside le problème.  

L’ADSL dans la classe...

Actuellement dans les classes, l'enseignant-serveur reçoit un important flux de données parallèles à haut débit, ordonne les paquets reçus, traite ou stoppe l'information analysée et renvoie enfin une réponse séquentielle à des élèves-clients qui auraient au contraire besoin d'une largeur de bande individuelle bien supérieure !

Bien conscient du problème,  l'enseignant-serveur cherche parfois à augmenter la bande passante et se rapproche d'un élève pour tenter de supprimer cette échange asymétrique de l'information... Ceci n'est pas sans conséquence sur son pourcentage de ressources disponibles, puisque lorsque le professeur se trouve en situation de faux préceptorat, le traitement des nouvelles requêtes lui devient difficile... 

Par conséquent, si l'on veut améliorer de façon significative le traitement de l'information dans nos classes, il faut accélérer en premier lieu la transmission symétrique des données, en modifiant:  

  1. soit le protocole (la pédagogie).
  2. soit le débit de l'échange d'informations entre l'enseignant-serveur et chaque élève-client.

"Extreme Overclocking"...

Les ministères de l'éducation de nos pays développés, par l'intermédiaire de leurs inspecteurs, prônent une action sur le protocole (cela n'engage pas à grand-chose et puis on a l'habitude...) en mettant en exergue les avantages d'une pédagogie différenciée, un simple artifice technique qui s'apparente en fait à l' overclocking du professeur-processeur, mais qui trouve rapidement ses limites: 

  1. dans la résistance physique et mentale des êtres humains (le professeur-processeur "surchauffe"...).
  2. dans la difficulté habituelle à massifier les pratiques.
  3. dans les protocoles proposés, victimes des modes pédagogiques.

En effet, cette pédagogie différenciée s’appuie en particulier sur deux croyances qui ne résistent pas à l'épreuve des faits: 

  1. la croyance que les relations entre pairs (lors du travail de groupe par exemple) vont accroître de façon sensible les performances cognitives des enfants. Ces relations ont un intérêt éducatif fort, mais essentiellement d'ordre social ou pour certains savoir-faire. Tout dépend en fait du degré d’expertise des pairs dans le groupe.
  1. la croyance que l'évaluation de compétences découpées en tranches (toujours trop épaisses d'ailleurs, ce qui conduit à la multiplication délirante des items dans les recueils ou à leur simplification outrancière...) peut décrire la réalité d'un système complexe et permettre ainsi la définition même de ce type de pédagogie...

L’Age de la Fibre Optique...

Reste alors la voie de l'amélioration du débit. C'est la plus coûteuse, mais la plus efficace si l’on se place à l’échelle du système d’éducation de masse. 

Deux solutions pour l'instant:

  1. soit réduire drastiquement le nombre d'élèves par enseignant-serveur de façon à augmenter la bande passante de "façon mécanique". C'est ce que l'on a fait depuis plus de quarante ans... Et ça marche ! Malgré tous les changements de protocoles plus ou moins heureux (on peut ranger pêle-mêle ici toutes les bonnes et les mauvaises réformes pédagogiques... Elles n'ont qu'un impact indirect... sauf quand elles touchent le débit...). Mais on arrive maintenant, d'après nos experts,  aux limites du rapport coût/efficacité.
  1. soit utiliser massivement la collaboration des machines en réseau (comme on le fait déjà à la banque, à l'aéroport,...).
Si l'on refuse la première option pour des raisons économiques, l'amélioration de notre école de masse ne peut passer, dans l'état actuel du développement technologique visible, que par la seconde solution. 

Nous devons donc nous préparer à utiliser la machine comme vecteur d'aide principal de l'enseignant-serveur et passer ainsi d'un traitement asymétrique de l'échange d'information à l'âge de la Fibre Optique, où chaque élève recevra presque immédiatement son dû directement de son enseignant-chercheur ou de l'ordinateur connecté au réseau...    

J.D. 18/02/2003  


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